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Monarque Océanique
| couteau fixe ajourĂ© d’exception
6 000âŹ
Ce couteau de dĂ©coupe totalement ajourĂ© en dentelle d’acier colorĂ©e est une plongĂ©e au cĆur de l’OcĂ©an Indien, habitat naturel des hippocampes.
Lame et semelle : acier carbone 80CRV2 4.5mm d’Ă©paisseur
Manche : loupe de peuplier stabilisé bleu
Mitres : acier carbone C130 5mm d’Ă©paisseur
Longueur totale : 40,5cm
Poids : environ 530g
Le monde sous-marin dans un couteau fixe d’art exceptionnel
Ă partir de mes 8 ans, j’ai eu la chance de pouvoir dĂ©couvrir les merveilles du monde sous-marin lors de mes premiĂšres plongĂ©es dans l’OcĂ©an Indien. Mes yeux d’enfant se sont rĂ©galĂ©s face Ă la diversitĂ© de formes, de couleurs et de comportements de tous ces organismes Ă©tonnants. Certainement influencĂ© par toutes ces magnifiques plongĂ©es, je rĂ©alise souvent des designs et textures en lien avec la mer. Ce sont des Ă©lĂ©ments qui me viennent naturellement.
Quand en 2020, un concours de coutellerie a Ă©tĂ© lancĂ© (sur un rĂ©seau social) sur le thĂšme de la mer, jâai rapidement imaginĂ© et dessinĂ© le Monarque OcĂ©anique. Bien que je nâavais pas pu le rĂ©aliser Ă ce moment-lĂ faute de temps et de compĂ©tences, jâai conservĂ© le dessin. Dessin que jâai dĂ©cidĂ© de passer sur acier en dĂ©couvrant le concours Coutellia lors de mon inscription fin 2021. Jâai donc redessinĂ© le Monarque OcĂ©anique pour en ajuster le design et mieux rĂ©flĂ©chir aux ponts de matiĂšre nĂ©cessaire Ă la structure du couteau, et lâai vĂ©ritablement commencĂ© en novembre 2021.
Challenge technique d’un couteau ajourĂ© motif hippocampe
Je souhaitais crĂ©er un couteau artistique mĂȘlant figuratif et abstrait qui attire lâĆil au premier regard et qui pousse ce dernier Ă explorer les dĂ©tails de lâensemble de la piĂšce. Pour atteindre cet objectif, ma technique de « dentelle dâacier » me semblait ĂȘtre la plus adaptĂ© : elle me permet de faire ressortir une forme gĂ©nĂ©rale dĂ©terminĂ©e tout en conservant une part de libre interprĂ©tation autour.
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Au-delĂ de la coutellerie d’art, la sculpture
Je voulais rĂ©ussir Ă donner de la profondeur Ă mon hippocampe pour quâil ne soit pas quâun contour plat dans une lame. La difficultĂ© avec les limes rĂ©side dans le fait quâil faut de lâespace pour rĂ©aliser les angles que lâon souhaite : or ici il nâĂ©tait pas possible de travailler selon les angles optimums pour donner du volume Ă lâhippocampe tout en gardant ses contours prĂ©cis. Bien que ma mĂ©thode ne me permette pas de le travailler sous tous les angles (besoin dâespace pour ciseler Ă la lime), le travail Ă la lime aiguille me permet en effet de crĂ©er des facettes qui renvoient la lumiĂšre sous diffĂ©rents angles, ce qui renforce lâimpression de profondeur. Pour les ponts de matiĂšre autour de lâhippocampe, je disposais de lâespace nĂ©cessaire pour les rĂ©aliser.
Courbes et reliefs : lime et micromoteur
Jâai donc pensĂ© Ă lâassociation de reliefs et de courbes sur les faces (corps de lâhippocampe) avec un vĂ©ritable relief travaillĂ© Ă la lime autour de lâhippocampe. La difficultĂ© ici Ă©tait de laisser suffisamment de matiĂšre « plate » pour renvoyer la lumiĂšre avec un maximum dâangles diffĂ©rents, tout en dessinant des lignes Ă partir de perçages de diffĂ©rents diamĂštres, et cela sans donner une impression « dâhippocampe Ă pois » !
De mĂȘme pour la tĂȘte de lâhippocampe, il me fallait rĂ©ussir Ă faire ressortir lâĆil sans le noyer dans les points de perçage, mais en gardant une certaine cohĂ©sion avec le reste du corps : jâai fini par opter pour une augmentation du contraste entre certains points (par diffĂ©rentes profondeurs de perçage) pour une face, et par un enroulement des lignes autour de lâĆil sur lâautre face. Sur les deux faces, jâai « brouillĂ© » certains espaces avec une fraise usĂ©e montĂ©e sur micromoteur pour mieux lier les diffĂ©rents Ă©lĂ©ments.
P.S. : pour les experts, si vous nâavez pas trouvĂ© la nageoire caudale, suivez bien les points !
Guillochage et coloration par la chauffe
Pour ce qui est de lâenvironnement de lâhippocampe, je souhaitais reprendre les formes gĂ©nĂ©rales de lâun de leurs habitats : les gorgones (concernant notamment les hippocampes pygmĂ©es) et autres coraux. Jâai donc intĂ©gralement guillochĂ© le dos de la lame, ce qui permet dâune certaine maniĂšre de sortir du « cadre » de lâhippocampe sculptĂ© dans le couteau : le couteau entier devient sculpture.
CotĂ© OcĂ©an Indien, la couleur nâest pas en reste ! Jâai donc dĂ©cidĂ© de faire de mĂȘme : jâai profitĂ© du revenu au gaz qui permet de localiser la chauffe et des zones ajourĂ©es qui limitent la diffusion de chaleur pour colorer par le dos mon hippocampe. Mais comme je trouve trĂšs intĂ©ressants les reflets donnĂ©s par lâacier brossĂ©, jâai choisi de faire les deux faces diffĂ©remment. Idem pour le manche et les mitres arriĂšre.
Quand la coutellerie se fait poésie
Pour le manche, jâai choisi une loupe de peuplier stabilisĂ©e bleu, essence dont jâapprĂ©cie particuliĂšrement le rendu, mais prĂ©sentant assez peu des dessins : la lame est dĂ©jĂ trĂšs chargĂ©e, je voulais que le manche soit un peu plus reposant. Cette piĂšce de bois prĂ©sentait quelques nervures et ondulations rappelant les reflets du soleil sous lâeau, sans ĂȘtre trop veinĂ©e, câĂ©tait ce que je cherchais !
Non pas un couteau, mais une sculpture intégrale
Je voulais cependant lier les diffĂ©rentes parties du couteau entre elles, pour garder cette idĂ©e de sculpture intĂ©grale : jâai donc ajourĂ© quelques espaces dans le bois pour y laisser apparaitre lâacier, texturĂ© avec des perçages plus serrĂ©s qui se chevauchent, donnant alors un aspect plus minĂ©ral que ceux de lâhippocampe. Jâai poursuivi cette texturation sur les mitres pour finir de relier lâensemble, mais cette fois encore jâai dissociĂ© les deux faces : lâune, brossĂ©e, prĂ©sente cette mĂȘme texture plutĂŽt minĂ©rale, avec un maillage resserrĂ©, alors que lâautre, irisĂ©e, reprend davantage les perçages de lâhippocampe avec des diffĂ©rences nettes de diamĂštre et une ondulation plus organique des lignes.
Ergonomie pour un couteau d’art 100% utilisable
La forme générale du manche a été pensée pour offrir une bonne prise en main malgré la lame imposante, mais aussi pour ne pas casser la ligne de la lame. Idem pour les jonctions avec les mitres. Ces derniÚres sont volontairement volumineuses pour contrebalancer la masse de la lame et en faciliter le maniement.
Derniers dĂ©tails d’une piĂšce de coutellerie extraordinaire
Les observateurs-trices attentifs pourront remarquer que jâai incorporĂ© ma signature dans lâun des ajourages du manche. Jâaime beaucoup ces ajourages, ils me font penser aux coraux et aux cĂ©notes !
CotĂ© guillochage, outre le couteau entier qui est un guillochage complet, ou dentelle dâacier comme jâaime lâappeler, jâai rĂ©alisĂ© un guillochage « classique » Ă la lime ronde sur le dos du manche. Le ventre du manche est laissĂ© lisse pour une prise en main plus « claire » et un peu de sobriĂ©tĂ©.
Car parfois, mĂȘme la mer est lisse comme lâhuile…
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